CSI | Septembre 2009 | Numéro 10 
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Des jeunes internationalement solidaires
François C. Guevremont a participé au stage Québec sans frontières à Cebadas en Équateur à l'été 2009. À son retour, il nous a fait parvenir un texte témoignant de l'expérience qu'a vécue le groupe de jeunes stagiaires.
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Dans le petit village de Cebadas, niché dans la cordillère des Andes équatoriennes, neuf jeunes de la région ont apporté leur soutien à la Fondation Chuquirahua, qui travaille à réduire les inégalités dans une région vivant, ou survivant, d’agriculture, alors que 97 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
 
La Fondation Chuquirahua, fondée en 2000, s’est donnée pour mission d’appuyer les initiatives d’économie solidaire des producteurs en milieu rural ou urbain. La fondation fournit un appui technique et socio-organisationnel adapté à chaque communauté avec laquelle elle travaille. "Pour le moment, notre projet est d’appuyer le développement de la Corporation des producteurs et productrices agro-écologiques de Cebadas, explique Catalina Gonzales, coordinatrice actuelle de la Fondation. L’objectif est de la rendre autonome afin que les agriculteurs et agricultrices de cette région puissent améliorer eux-mêmes leurs conditions de vie."
 
"La Fondation Chuquirahua propose des solutions adaptées et durables, explique Stéphanie Tremblay, participante au stage en Équateur. Elle forme les producteurs et productrices afin qu’ils puissent vivre décemment de la terre, et ce, pour plusieurs années encore." La Fondation Chuquirahua prône également l’agriculture écologique (voir encadré), car l’usage de produits chimiques, dans des champs en pente, provoque une érosion marquée du sol, sans parler de ses effets sur la santé des producteurs et des consommateurs.
 
Du Québec à l’Équateur
 
La Fondation Chuquirahua travaille de pair avec le Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean, situé à Alma, afin de créer un monde plus juste. Les deux organisations visent à un renforcement des capacités de production à un niveau local et à une égalité dans le rôle des hommes et des femmes. Partenaires depuis 2007, c’est par contre la première délégation de jeunes Québécois qui travaillent avec cet organisme.
 
Ces neuf jeunes de 18 à 34 ans, animés par le désir de contribuer à un développement international plus juste et équitable, ont répondu à l’offre du Centre de solidarité, qui leur proposait de vivre une expérience unique en son genre. "Je voulais voir une autre réalité, la vivre aussi, affirme Claude Côté, un autre participant au stage. Je voulais aussi être un acteur du développement international, mais d’un développement différent, humain et juste."
 
Comme le stage est ouvert à tous, la majorité n’avait aucune expérience dans le domaine de l’agriculture écologique. "Avant de partir, je n’avais aucune idée de ce que serait le projet exactement là-bas, je ne connaissais rien non plus à ce secteur d’activité, confie Joëlle Vaillancourt, participante. Mais on a appris sur le terrain, avec la Fondation, et on a réussi à faire de grandes choses ."
 
Quatre projets, un seul but
 
Le projet comportait quatre volets différents, mais tous  dans le même but d’appuyer le développement des communautés près de Cebadas. Une partie du groupe a oeuvré dans le domaine de l’agroforesterie. "Nous avons travaillé directement avec les producteurs et les productrices pour installer des systèmes d’irrigation et des serres, raconte Steeve Girard, qui a participé à ce volet. Ça nous a permis d’être plus près d’eux et de pouvoir côtoyer leur réalité."
 
Deux autres ont donné des ateliers d’éducation environnementale. Les thèmes du sol et de l’eau ont été abordés afin de conscientiser les producteurs et les productrices sur l’importance de protéger les ressources naturelles qui assurent leur subsistance. "Les ateliers étaient axés sur la discussion afin que les gens des communautés nous parlent eux-mêmes de leurs problèmes et qu’ils trouvent leurs propres solutions", explique Stéphanie Tremblay, qui a donné ces ateliers.
 
Le secteur de l’élevage et des animaux, très important pour les producteurs et les productrices, a aussi obtenu un appui de la part du CSI. "Nous avons reçu des formations sur les sels minéraux et le compost, pour ensuite transmettre les techniques aux agriculteurs et agricultrices, raconte Maxime Girard. Nous avons aussi tenu une journée de vaccination pour les moutons et conçu des dépliants informatifs sur les sels minéraux et les cuys (cochons d’inde)."
 
Une partie du travail s’est aussi déroulée loin des champs et des paturages, dans les locaux de la Fondation, à Riobamba. Ce volet avait pour objectif d’appuyer les producteurs et productrices dans l’organisation d’une distribution juste et solidaire de leur produits écologiques, tant à Cebadas qu’à Riobamba. "Nous avons voulu valoriser l’image de la corporation en repeinturant son local lors d’une minga (travail collaboratif de tous les membres), détaille Raquel Nogueira. Nous voulions aussi motiver les producteurs et productrices à diversifier leur production en organisant un concours de la meilleure saveur. En plus, nous avons réalisé un dépliant sur le thème de la commercialisation juste et solidaire."
 
Un projet qui se continue
 
Aux dires des participants du stage, le projet fut une réussite. "L’expérience est inoubliable et des contacts se créent rapidement avec les producteurs et les productrices, se souvient Claude Côté. Une relation de confiance et de respect s’est établie et à la fin du projet, tout le monde était triste de se quitter." Une autre délégation du Centre de solidarité travaillera en collaboration avec la Fondation Chuquirahua l’an prochain, toujours dans le but de réduire les inégalités dans la région de Cebadas.
 
Ces stages à l’étranger sont financés par le ministère des Relations internationales du Québec, via le programme Québec sans frontières. Ce programme vise à donner à des jeunes de tous les horizons la chance de découvrir de nouvelles cultures, de participer à des projets concrets et de développer leurs aptitudes personnelles et professionnelles. Les jeunes vivent dans des familles locales afin de mieux s’imprégner de la culture d’accueil.
 
 
François C. Guevremont
Cebadas 2009
 
 
*Agriculture écologique
 
L’agriculture écologique se différencie de l'agriculture biologique par son intégralité. Il ne s’agit pas uniquement d’utiliser des intrants biologiques (engrais et pesticides), il faut penser la production agricole selon une approche écosystémique, donc qui respecte l’environnement tout en incluant les préoccupations sociales et économiques. Par exemple, dans une ferme intégrale, on favorise la production biologique, l’agroforesterie et l’utilisation des ressources locales. Cependant, on n’exclut pas la possibilité d’avoir recours aux produits chimiques en cas de nécessité. De plus, la production agricole doit d’abord répondre aux besoins alimentaires de la famille et ce sont les surplus que l’on écoule dans des canaux de commercialisation solidaire (foires citoyennes, troc, etc).
 
 
Liens Internet
Fondation Chuquirahua (en espagnol)



Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean
640, rue Côté Ouest, bureau 002, C.P. 278
Alma (Québec) G8B 5V8
Téléphone : 418 668-5211
Télécopieur : 418 668-5638
info@centresolidarite.ca
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