| CSI | Septembre 2009 | Numéro 10 |
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Vivre le Tour du Lac Promutuel pour le Burkina Faso pour une première fois ![]() Voici la première partie d'un texte que nous a fait parvenir Chantale Gagnon, une participante au 23e Tour du Lac Promutuel. Elle résume l'incroyable expérience qu'elle a eu le plaisir de vivre en ce début d'août 2009.
La petite histoire de Chantale qui pédale…
Allô mes amis!
C'est fait! Le défi qui m’a demandé tant de préparation et qui, j'avoue, a semé un brin d'angoisse quelques semaines avant le départ, a été relevé! (Non mais! J’ai beau n’avoir que quarante-quelques années, je suis une grand-mère quand même, ne l’oublions pas!)
Aujourd’hui, je laisse couler les mots pour vous faire partager l’effet qu’ont eu sur moi les 256 kilomètres qui ont permis à un vieux rêve de se concrétiser.
Je tiens tout d’abord à remercier ceux qui m'ont offert des paroles d'encouragement; ces gentilles petites attentions se sont transformées en petites tapes sur l'épaule pendant tout mon périple.
Tout part d'un rêve, paraît-il. Faire le tour du lac Saint-Jean en vélo en était un pour moi. Notre magnifique mer intérieure m'interpellait depuis longtemps, mais la vie étant ce qu'elle est et l'humain préférant souvent trouver mille et une excuses pour éviter les difficultés, je repoussais sans cesse l'échéance... Mais il vient un temps où la pulsion ne se retient plus. D'aucune manière. Arrive alors l'heure de l'évidence que le lointain rêve, la petite folie qu'on retient depuis si longtemps veut éclore, là, maintenant, pendant qu'il est encore temps.
Seule, mon vélo d'une main et mon bagage de l'autre, c'est toute petite, avec mon peu d'expérience en randonnée de longue distance, que je me présente au point de départ, très tôt vendredi matin. Mon premier pas dans cette aventure se fait au son d'une enivrante musique africaine qui réchauffe l'ambiance de l’aréna habituellement si froide. Une multitude de bénévoles souriants et accueillants me font déjà sentir extrêmement fière de partager leur aventure. Seuls ou en groupe, les cyclistes de tous âges arrivent, plusieurs, je l'apprendrai plus tard, sont novices comme moi, d'autres, beaucoup plus aguerris à ce genre de défis, semblent se retrouver pour une xième fois. Tous les visages affichent un sourire : c'est remarquable! C'est à ce moment précis que je sens que je suis au bon endroit, au bon moment!
Ça y est! De sa voix rassurante, l'annonceur émet les consignes de sécurité. Je l’écoute avec attention. On se réchauffe en groupe en suivant la dynamique équipe de jeunes qui sont devant nous et hop! l'heure arrive où j'enfourche mon vélo. C'est sous quelques brins de pluie que l'aventure commence, mais personne ne s’en plaint; l’adrénaline est à son maximum et personne ne laissera quelques misérables gouttes gâcher son plaisir!
Je le ferai. Je réussirai. Cependant, en mon for intérieur, des craintes persistent sur ma capacité à pédaler intensément trois jours de suite (me suis-je assez entraînée?). Rapidement, je chasse ces pensées… et je les repousserai plusieurs fois, laissant toujours gagner ma motivation à réussir.
Je suis arrivée seule, mais je suis supportée, entourée, encadrée par une fabuleuse équipe de bénévoles. Ces chers bénévoles! Leur support et leurs encouragements me touchent énormément et me font sentir capable de relever ce défi, mon défi. Toute la fin de semaine, ils sont là, tantôt à nous faire traverser une dangereuse intersection, tantôt à nous indiquer la bonne direction à prendre. Des anges-gardiens. Moi, je n'ai qu'à pédaler et à admirer les paysages dignes de ce que j'ai pu voir à des milliers de kilomètres d'ici.
Quand un manque d'énergie commence à se faire sentir, une oasis apparaît. Ce sont encore nos sympathiques bénévoles qui nous attendent avec des toilettes chimiques ambulantes (c'était justement un de mes soucis, ça...); ils ont de l'eau à profusion (jamais je n'aurai tant bu en trois jours!); de succulentes et nourrissantes collations (mais où ont-ils déniché des bananes si parfaites?) sont également mises à notre disposition; bien sûr, nos dévoués compagnons nous offrent encore et toujours leurs bons mots d'encouragement et nous invitent à les rejoindre au prochain rendez-vous.
La première journée en est une de découvertes. Je pédale, j'observe et je saisis au vol tous les trucs que j'accumulerai d'ailleurs tout au long du périple. Les gens d'expérience sont généreux. Mes nouveaux amis sont charmants et partagent aisément leurs états d'âme qui, somme toute, ressemblent étrangement aux miens. Ça me rassure. Nous rions beaucoup de nos péripéties pendant les pauses et les heures de repas et nous repartons en s'encourageant les uns les autres.
Les patrouilleurs sont omniprésents et rassurants. Souvent l’un d'eux passe en me demandant si tout va bien. Oh oui! que tout va bien! Même si le vent semble décidé à nous freiner, même si les 15 derniers kilomètres des 103 à parcourir en cette première journée paraissent s'étirer à n'en plus finir! Le village de Saint-Prime, que je baptiserai plus tard lors d’une discussion animée « Saint-Prime-La-Déprime », me fait croire que Saint-Félicien n'existe peut-être plus! Au cas où vous ne l'auriez jamais remarqué en voiture (moi, jamais en tout cas!), à Saint-Prime, il y a un interminable faux plat qui, avec le vent en pleine face, aura réussi à faire damner même les plus habitués du Tour!
Malgré cela, je persiste et signe : oui, tout va merveilleusement bien! Je pédale pour me réaliser, mais je pédale aussi pour des projets auxquels je crois. Le Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean n'a rien ménagé pour leur cause, alors moi, je pédalerai malgré vent et faux plats! Je me couche dans ma petite tente le premier soir, les quadriceps remplis d'acide lactique, les genoux qui manquent d'huile, mais le sourire aux lèvres. Je n'ai pas la force de participer à la première soirée dansante (je crois que c'est la première fois que ça m’arrive!); je n'ai pas le courage de prendre du vin ou de la bière (pour ceux qui me connaissent bien, incroyable, non?). Je suis obnubilée par les kilomètres qui m'attendent au cours des prochains jours... Pas question que je mette en péril mes capacités à réussir mon défi! Je suis crevée, mais c'est fou comme j'ai aimé ma première journée!
[ À SUIVRE DANS LE PROCHAIN BULLETIN ] |
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Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean
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